Paroisse Jean XXIII

Jean XXIII

(1881 - 1963)

Il voulait être un prêtre ordinaire, mais il a changé la face du monde à jamais

Né dans une famille nombreuse de milieu modeste, Angelo Giuseppe Roncalli entre au séminaire à l'âge de douze ans. Il y suit le cursus ecclésiastique classique. En 1904, il est ordonné prêtre. Peu après, il est nommé secrétaire de Mgr Giacomo Radini Tedeschi, nouvel évêque de Bergame, et reste à son service jusqu'à la mort de ce dernier en 1914. Pendant cette période, il s'occupe aussi de l'enseignement auprès du séminaire de Bergame.

En 1915, il est incorporé dans le service des santés des armées, avant de devenir aumônier militaire. Après la guerre, il devient directeur spirituel du séminaire de Bergame.

En 1921, il entre dans la Cuire romaine, dans la Congrégation pour la propagation de la foi (plus connue sous le nom de Propaganda Fide). En 1925, Pie XI le promut évêque et l'envoi en Bulgarie, terre orthodoxe, en tant que visiteur, puis délégué apostolique. Il occupe ensuite le même poste à Istanbul entre 1935 et 1944, ce qui lui permet de sauver, pendant l'occupation, des victimes du nazisme.

En 1945, il succède comme nonce apostolique de Paris à Mgr Valeri, compromis avec le régime de Vichy. Il règle avec le succès le problème des autres, évêques compromis avec le régime de Vichy, dont le gouvernent français demandait la substitution. Pie XII devra accepter seulement les démissions de trois prélats : les évêques de Mende, Aix-en-Provence et Arras.

En 1953, sa carrière diplomatique s'achève, et il retourne à sa première vocation pastorale : il est nommé patriarche de Venise, puis cardinal.

Un Pape de Transition ?

Nous sommes en 1958 et le pape Pie XII vient de mourir. Le cardinal Angelo Rocalli, patriarche de Venise, âgé et malade, se rend à la Cité du Vatican pour participer au conclave - rassemblement secret et hautement politique - qui élira un nouveau pontife. On est au coude à coude dans la chaude lutte qui oppose des cardinaux progressifs aux conservateurs Ottaviani et Tardini. À mesure que le conclave se déroule Roncalli revoit très clairement des images de son passé, comme lorsque, jeune prêtre, il soutenait des ouvriers en grève; ou bien cette fois où, délégué apostolique en Turquie, il a négocié secrètement avec un ambassadeur nazi afin de sauver des juifs arrivant dans les trains bondés; ou encore en France, devant un de Gaulle autoritaire, qu'il a convaincu de ne pas expulser plusieurs évêques contestés. Puis enfin, au douzième tour du scrutin, on élit un pape. C'est Angelo Roncalli et il prendra le nom de Jean XXIII. On s'attendait à ce qu'il soit un pape de transition ans grand éclat.

Un pape réformateur

Mais il surprend le monde entier en convoquant le concile Vatican II. Cette démarche audacieuse vers une importante modernisation de l'église vise à assurer que cette institution, l'une des plus vielle au monde, continuera de s'épanouir jusqu'à la fin du 20e siècle et bien au-delà. Il sait qu'il ne lui reste plus longtemps à vivre. C'est donc une course contre la montre qu'il entreprend, en même temps qu'une lutte contre ses opposants conservateurs. Il se préoccupe aussi des conflits entre les États-Unis et L'union Soviétique, qui devient de plus en plus pressant. Avec une finesse à laquelle on ne s'attendait pas, il parvient à faire reculer Kennedy et Khrouchtchev qui étaient à deux doigts d'une guerre nucléaire. En 1963, pendant la deuxième année du concile, Angelo Roncalli arrive à la fin de sa vie.

Sa mort

Les premières alertes sur la santé du pape surviennent en novembre 1962. à partir de cette date l'état de santé du Pape retient l'attention des médias car étant très faible il est régulièrement victime de « crises » qui l'affaiblissait de jour en jour. Face à la mort, il se réconforte à l'idée qu'il quitte une Église mieux adaptée au temps modernes, et un monde plus paisible.

Atteint d'un cancer de l'estomac et de la prostate, il est victime d'une hémorragie le 28 mai 1963. à ce moment Radio Vatican transmet chaque jour l'état de santé du Pape en indiquant sa température et son pouls défaillants. Le Pape, entre lucidité et inconscience, continue toutefois de tenir son rôle jusqu'aux derniers moments. À l'issu d'une longue agonie il meurt le 3 juin 1963.